En exclusivité, une Interview de Tryo
Comment est né votre spectacle, votre rencontre avec les Arrosés (troupe de cirque qui les accompagne sur la tournée) ?
Guizmo :c'était au paleofestival99, Mali a rencontré Higelin et les Arrosés qui faisaient des performances sur son spectacle. Ils aimaient bien notre musique... ça a fini en fiesta ;puis on s'est décidé à les inviter à l'Olympia en septembre 2000...la veille du concert on a préparé des petits trucs sur des morceaux et suite à ça, déclic, on a trouvé une période pour monter vraiment quelque chose.
Vous étes 4 dans votre tryo, qui est le 4éme mousquetaire comment est-il arrivé ?
Daniel (le percussionniste) : c'est moi, j'ai poussé tout les percussionnistes qu'il y avait à l'époque dans l'escalier (rires)...bon en fait ,hmmmm ,au début je venais juste comme ça avec mes bongos puis je les ai suivis en concert(pas le Zénith à l'époque) et puis on s'est dit si on faisait un disque, on a répété 5jours et c'est là que je suis arrivé, très simplement, naturellement. Enfin c'n' est pas toujours facile d'être le 4éme d'un trio
G :t'imagine le pti Chilien qu'a du mal à s'intégrer(re-rires)
D :c'est pas facile d'arriver comme ça dans un groupe un peu structuré , qui a son public juste avant un disc.
Si vous n'aviez pas étés chanteurs qu'est ce que vous auriez fait ?
G :j'sais pas je dirais que j'aurais voyagé sans savoir ce que j'allais faire, je sais pas c'est une question qui me fait chier, ce que j'aurais pas aimé c'est regretter... J'ai pas voulu être autre chose
Manu (qui fait son entrée dans le cercle) : leur question c'était plutôt du genre :dans ta tête est-ce que tu avais une autre option?
G :je me suis pas posé la question
M :vous avez vus ils sont agressifs ces garçons, moi j'aurais voulu être astronaute, mais bon y avait trop d'études de maths et tout.
Yanos (de la troupe des arroses): moi j'aurais voulu être Daniel (rires), j'ai fait des petits boulots avant mais c'est le cirque qui est venu, c'est tout.
M : ou sinon j'aurais voulu être SuperMan mais c'etait pas possible.
D : moi j'ai toujours fait de la musique, sinon à mon arrivée en France j'aurais mal tourné... Je suis pas du genre à me laisser crever de faim.
Guizmo, d'où ça vient ?
C'est un pote de la MJC qui m'a appelé comme ça quand je me suis fait une crête sur la tête
Et Mamagubida (titre du 1er album) ?`
M :tu as dix secondes pour trouver...,en fait c'est Mali, Manu, Guizmo, Bibou, Daniel.
Bibou c'est notre mentor, le 5e larron du groupe, qui nous manage, c'est notre nounou.
Comment vous placez-vous dans la scène reggae française ?
M :Ce qui est intéressant dans le reggae c'est que c'est épuré, tu peux mettre de toutes les influences autour, il suffit d'avoir une ouverture d'esprit. Nous on est pas trop " mystic rastafari ", par contre les textes de guizmo...
G :moi ce qui m'a plus dans le reggae c'est le côté militant, tiers- mondiste. On a adapté ça à notre culture , tu sais on vient de la banlieue parisienne...
Est-ce que vous avez eu des retours des gens, à qui votre musique a apporte quelque chose ?
M :biensûr !
G :c'est là que tu te rends compte du pouvoir des mots, ça m'a fait ça avec Renaud...il y a quelque temps à Montpellier, y'a un pti jeune qui est venu nous voir à la fin du concert et qui m'a dit : " je suis passé 3 fois devant le juge, mais je vais trouver une petite assos dans le coin et je vais bouger mon cul, je vous remercie " et il est parti...un de sauvé du juge c'est déjà énorme, on est pas là pour prôner le bon chemin, on est pas sûrs de le connaître . Nous on veut juste ressentir et faire partager ça,je veux pas qu'on devienne une secte ou un parti politique.
Justement vous pourriez comme les motivés combattre sur ce terrain, présenter votre liste électorale ?
G :Non, j'aiderais bien des jeunes du coin qui s'enmerdent à la monter mais moi c'est pas mon initiative je suis dans la zic ,on peut pas tout faire dans la vie. Par contre on veut bien aider du monde, ça se bouge le cul un peu partout.
En ce moment qu'est-ce qui vous paraît le plus révoltant ?
D :Gérard Holtz au JT (rire)
M :ho voleur ,c'est Mali qui dit ça
(début de délire sur Gérard)
G :il y a les actus dont on parle ,celles dont on ne parle pas ,si tu fais la somme ça fait déjà beaucoup trop ,alors choisir entre l'Afghanistan ,la Palestine ,le Pakistan
M :ou encore le tibétain plus jeune prisonnier politique du monde...(il fait son speech : c'est un guide spirituel...)
G : voilà ici y'a déjà de quoi faire un troisième album
M : (continue sur le jeune lama de 12 ans détenu en Chine), c'est comme ça qu'un ami nous a poussé à participer au projet Tibet libre ,son asso fait de l'info là-dessus, ça nous a touché alors on a décidé de collaborer à un double cd au prix d'un :Tibet libre, ça nous a fait très plaisir.
Et le plus positif ?
Un des Arosés : c'est cette tournée le fait d'être là ensemble.
G : c'est une belle réponse, on peut encore faire des choses cool et fortes en gardant sa liberté, c'est pour ça qu'il y a des types irréductibles comme Bauvais et d'autres.
Dans vos chansons vous critiquez le prix de la culture à Paris et en même temps votre concert est au Zénith et coûte 140F !
M : C'est parce qu'on est pas 1 sur scène mais une quinzaine ,plus les techniciens et les décors du cirque. On a essaye de tirer les prix et salaires au plus bas.
G : tu sais on est déficitaire sur cette tournée en plus il nous fallait beaucoup de place avec le cirque.
M :on peut pas faire ça autre part
Y :rien que pour notre spectacle il nous faut au moins 8 mètres de dégagement partout et 14m2 de surface. On n'a pas pu le faire sous chapiteaux pour des raisons financières. Ce spectacle c'est un sacré pari artistique mais aussi financier
Est-ce que ça vous apporte des trucs différents les petits concerts !
G :on va refaire des petites salles à qui l'on a plutôt dit non ces derniers temps d'ici un an ou 2 je pense, c'est ces salles qui nous ont fait naître donc...Cette fois on se fera engueuler parce que ce sera trop petit...
Comment vous combattez la grisaille parisienne ?
G :je suis parti me mettre sous la pluie en Bretagne(rires)on apprécie la pluie là-bas
D :il y a le sourire des gens
G :c'est vrai qu'a Paname les gens ont limite peur de toi quand tu leur souris. Ici y'a trop de choses, y'a encore plein de choses à créer en province, à préserver .sinon, il faut partir au ciel bleu...y'a un texte comme ca dans une prochaine chanson.
Manu tu te souviens tu étais venu à la fête du lycée il y a 2 ans.
M :attends, me dis pas, c'est à Courbevoie c'est ça, j'étais monté sur scène avec des jeunes qui jouaient du Tryo, c'était cool
Et le 2éme album pour finir ?
M :on l'a sorti sans grosse promo et on en a vendu 200.000 quand même, de tout manière ça c'est pas primordial
G :pour nous la scène ça passe avant, il y en a beaucoup qui nous ont vus avant d'acheter le cd, ou qui l'ont gravé et tant mieux s'ils ont pas les mailles.
M :ça c'est vrai ! En plus dans le public y'en a pas mal qui chantent a donf les morceaux du dernier album.
G :entre les textes du premier et du deuxième, il y a une autre approche, on a évolué, nos idées et sentiments avec, par exemple j'en avais marre de parler de la beuh, ça suffit une fois...
M :le deuxième et aussi plus posé parce qu'on l'a fait en studio, on a pris notre temps et la qualité est différente qu'en concert.
Ben, Anta et Helene pour l'interview et l'article